CATHEDRALE ST PIERRE

LE GRAND ORGUE : Les documents précis témoignent de la présence d’un orgue dans la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes dès le XVème siècle, époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de celui que nous connaissons aujourd’hui est l’œuvre de Jacques GIRARDET et date de 1619. La composition exacte de l’orgue de Girardet n’est pas facile à déduire d’après le texte du devis de 1619. L’étendue de notes pose problème (Ut à Ut avec le premier Ut# ou avec ravalements), les deux Nasards du grand orgue sont-ils Nasard 2 2/3 et Quarte 2 s’alliant avec le Nasard ou deux Nasards de forme et de tailles différentes ?
En 1744, « COLLAR, facteur d’orgues à Paris » procède au relevage de l’instrument avec un ouvrier. Le travail dure 9 mois et le Chapitre paie 54 livres au logeur « pour le loyer du lit et du linge ». Adrien LÉPINE est appelé en 1767 pour diverses réparations et la pose d’un 5ème clavier avec un jeu de Bombarde pour la somme de 3 300 livres. L’année suivante, ce même facteur augmente l’orgue de plusieurs jeux : Grosse Tierce, Grosse Fourniture, Basson, Hautbois et Trompette du Récit. En 1768, une extension du buffet s’avère nécessaire ; elle est réalisée par l’adjonction de deux tourelles latérales soutenues par des atlantes. En 1780, le Chapitre est alerté par l’organiste Denis JOUBERT de l’urgence de travaux à entreprendre. C’est François-Henri CLICQUOT, « Facteur du Roy » qui est désigné. Le prix réclamé (20 000 livres payables en 4 ans) laisse supposer qu’il s’agit en fait d’une reconstruction. CLICQUOT livre en 1784 un instrument de 52 jeux répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier de 32 notes avec grand ravalement au fa. Sur l’écusson du tuyau milieu de la plate face gauche, on pouvait lire : « CLICQUOT, facteur du Roi, a refait cet orgue à neuf en 1784 ».A la Révolution, Denis JOUBERT sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la Cathédrale.
En 1833, une décision du Chapitre confia à GEIGER, un facteur de Nantes, le soin de relever le Grand Orgue. Mais on ne fit qu’un travail incomplet, puisqu’on omit d’améliorer la soufflerie. Le 8 octobre 1849, un rapport sur l’orgue est minutieusement détaillé par M. HAMEL, délégué du Ministre des Cultes. C’était l’époque où l’on construisait le chœur de la Cathédrale resté inachevé. Il fut terminé en 1893. Vers 1850, l’organiste MINARD se fait plus pressant encore. Mais il faut attendre 1868 pour voir l’instrument restauré par MERKLIN, facteur qui a été préféré à CAVAILLÉ-COLL (1866) en raison d’un devis moins élevé. Malgré quelques modifications, l’orgue de Clicquot est conservé, Son travail consistera : au remplacement de la soufflerie et du pédalier à la française par un pédalier à l’allemande de 32 notes, aux modifications de jeux suivantes :
Positif : Salicional 8 à la place du Plein Jeu.
Flûte octaviante 4 à la place de la Tierce.
Grand Orgue : Flûte Harmonique 8 et Gambe 8 à la place de Nasard, Grosse Tierce et Tierce.
Récit : Ajout d’un Bourdon 8.
Au terme de ces travaux, l’instrument restait dépourvu de pédales d’accouplement, tirasses, etc. D’après le devis, les Bourdons restaient à calottes soudées.
L’Abbé Marcel COURTONNE, nommé titulaire en 1922, écrivait en tête de sa plaquette « l’Orgue de la Cathédrale de Nantes » (septembre 1924) : « Si l’on doit pieusement conserver ce qui fait l’originalité et l’intérêt d’un tel instrument, on peut, on doit même y apporter les perfectionnements de notre époque ». C’est donc à sa demande que de nouveaux travaux sont entrepris sur le Grand Orgue par GLOTON, successeur de DEBIERRE. Une console pneumatique de 4 claviers remplace l’ancienne console de 5 claviers en fenêtre. La mise en place d’un Récit expressif et l’enrichissement de la palette sonore par l’ajout de 14 jeux permettent l’interprétation de la littérature romantique et symphonique. Le 15 juin 1944, l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. Un projet ambitieux de Joseph BEUCHET (porter l’orgue de 53 à 89 jeux, en deux tranches de travaux) est accepté. Mais des travaux sur les voûtes de la nef repoussent l’inauguration de l’instrument au 21 novembre 1971. Gaston LITAIZE, Rapporteur officiel donne le traditionnel récital. L’harmonisation de l’orgue a été confiée à ELAIN pour les fonds et à DOUDARD pour les anches. L’orgue actuel possède 74 jeux réels sur 4 claviers manuels de 61 notes et l’incendie des combles de la Cathédrale en 1972 ne causa pas de graves préjudices à l’instrument qui fut simplement nettoyé lors de la réouverture de la Cathédrale et ré-accordé par l’harmoniste de la Maison BEUCHET-DEBIERRE, Claude THIBAUD.

GRAND ORGUE : Montre 16, Bourdon 16, Montre 8, Bourdon 8, Principal 8, Diapason 8, Flûte Harmonique 8, Grosse Quinte 5 1/3, Prestant 4, Flûte 4, Grande Tierce 3 1/5, Quinte Flûte 2 2/3, Doublette 2, Quarte 2, Tierce 1 3/5, Cornet V, Grande Fourniture II-IV, Fourniture IV, Cymbale IV, 1ère Trompette 8, 2ème Trompette 8, Clairon 4.

POSITIF : Montre 8, Salicional 8, Bourdon 8, Prestant 4, Flûte Douce 4, Nazard 2 2/3, Doublette 2, Tierce 1 3/5, Larigot 1 1/3, Piccolo 1, Cornet V, Fourniture IV, Trompette 8, Clairon 4, Cromorne 8.

RECIT : Quintaton 16, Principal 8, Flûte 8, Bourdon 8, Gambe 8, Voix Céleste 8, Prestant 4, Flûte 4, Nazard 2 2/3, Doublette 2, Quarte 2, Tierce 1 3/5, Plein Jeu IV, Cymbale IV, Bombarde Accoustique 16, Trompette 8, Clairon 4, Basson-Hautbois 8, Voix Humaine 8.

BOMBARDE : Violoncelle 8, Cornet V, BOmbarde 16, Trompette 8, CLairon 4, Hautbois 8.

PEDALIER : Soubasse 32, Principal 16, Soubasse 16, Flûte 16, Principal 8, Basse 8, Principal 4, Flûte 4, Principal 2, Plein Jeu IV, Bombarde Accoustique 32, Bombarde 16, Trompette 8, Clairon 4.

L’ORGUE DE CHOEUR est sorti des ateliers de Louis DEBIERRE en 1896 et GLOTON opère une légère transformation de composition : Cromorne ou G.O. et Bourdon au Récit. Endommagé lors des bombardements de juin 1944, l’orgue fut démonté et transféré aux ateliers DEBIERRE GLOTON. Il fut remis à sa place en juin 1946 pour la réouverture de la cathédrale. Relevé partiellement par BEUCHET en 1955, l’orgue subit des dégâts lors de l’incendie de la Cathédrale en 1972, et reste muet jusqu’en 1985, date à laquelle RENAUD le refit fonctionner pour la réouverture de la Cathédrale le 31 mai 1985. En 1993, il y a eu une restauration et un retour à une composition proche de la composition d’origine par RENAUD, à la suite du classement de la partie instrumentale en 1987. L’orgue possède 31 jeux sur trois claviers et pédalier, et c’est le plus grand orgue de chœur de France.

GRAND ORGUE : Bourdon 16, Montre 8, Flûte Harmonique 8, Bourdon 8, Montre 4, Plein jeu IV, Trompette 8.

POSITIF : Salicional 8, Bourdon 8, Prestant 4, Doublette 2, Fourniture IV, Cornet II-V, Trompette 8, Clairon 4.

RECIT : Cor de Nuit 8, Bourdon 8, Gambe 8, Voix Céleste 8, Flûte Octaviante 4, Octavin 2, Trompette 8, CLairon 4, Cromorne 8, Hautbois 8.

PEDALIER : Contrebasse 16, Soubasse 16, Dolce 8, Basse 8, Flûte 4, Bombarde 16.

Mickaël DURAND, Michel BOURCIER & Marie Thérèse JEHAN, titulaires